Les dons précieux de la nature
EAN13
9782213643212
ISBN
978-2-213-64321-2
Éditeur
Fayard
Date de publication
Collection
FAY.DOCUMENTS
Nombre de pages
243
Dimensions
21 x 13 x 0 cm
Poids
316 g
Langue
français
Code dewey
577
Fiches UNIMARC
S'identifier

Les dons précieux de la nature

De

Contributions de ,

Fayard

Fay.Documents

Offres

PREMIÈRE PARTIE

La biodiversité,
privilège de la planète bleue

CHAPITRE PREMIER

Connaissez-vous Sedna ?

« L'univers est peuplé d'astres morts » : ainsi commence le roman d'André Schwartz-Bart, prix Goncourt. Ces astres n'ont jamais été vivants, et cinquante ans plus tard aucun astre ne nous a donné le moindre signe de vie, malgré le labeur acharné des exobiologistes, ces scientifiques qui recherchent des traces de vie ailleurs que sur notre planète. Ailleurs il y a beaucoup de mondes, et le champ des recherches est infini. On estime à 234 milliards le nombre d'étoiles dans notre galaxie, la Voie lactée, et à 130 milliards le nombre total des galaxies dans l'univers – des chiffres proprement astronomiques qui révèlent notre extrême petitesse.

Restait à savoir si ces innombrables étoiles possèdent, comme la nôtre, le Soleil, un cortège de planètes. À cette question, un début de réponse fut apporté pour la première fois en 1995 lorsque fut découverte la première planète orbitant autour d'une étoile autre que la nôtre. Moins de quinze plus tard, en mars 2009, ces exoplanètes étaient déjà au nombre de 337. Mais la majorité d'entre elles sont des « géantes gazeuses » comparables à Jupiter ou à Saturne. Elles n'ont donc aucune chance de porter la vie, d'autant moins qu'elles se situent en dehors de la zone dite habitable, c'est-à-dire celle s'étendant autour d'une étoile où les conditions physiques rendent la présence d'eau liquide possible, critère indispensable à l'apparition de la vie.

Quelques exoplanètes sont à peine plus grosses que la Terre, et deux d'entre elles ont attiré pour cette raison l'attention des chercheurs. Mais l'une est une véritable fournaise, avec des températures dépassant les 1 000 °C. L'autre tourne autour d'une étoile de la constellation du Sagittaire, à 3 500 années-lumière ; à peine plus grosse que la Terre, elle est littéralement congelée, à moins 150 °C ; aucune chance, par conséquent, d'y trouver la vie.

Le 8 mars 2009, le télescope spatial Kepler fut lancé avec pour seule mission de rechercher et découvrir de nouvelles exoplanètes. Mais, pour le moment, on est bien loin de pouvoir affirmer que la vie existe ailleurs qu'autour de notre système solaire.

Au sein de celui-ci, la moisson n'est guère plus généreuse. Sur les cinq planètes – hormis la Terre – connues depuis l'Antiquité, Mars est la seule où les conditions physiques permettent d'imaginer qu'elle ait connu, voire qu'elle connaisse encore la vie, dès lors que de l'eau semble être contenue dans ses profondeurs et que du méthane, qui pourrait être d'origine biologique, s'échappe à sa surface. Subsiste donc un espoir ténu que Mars ait pu voir une vie microbienne s'enclencher sur elle dans un lointain passé. Mais, pour l'instant, les espoirs en ce sens ont toujours été déçus, et il faudra attendre les résultats de la mission ExoMars, prévue pour 2016, pour, peut-être, en savoir un peu plus long. La vie sur Mars reste un mythe qui, jusqu'à présent, a plutôt eu tendance, mission après mission, à se dégonfler. Pourtant, les interrogations demeurent...

Les cinq planètes de l'Antiquité, Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne, auxquelles s'ajoutaient les deux luminaires, le Soleil et la Lune, soit sept astres – la Terre, alors perçue comme le centre du monde, étant exclue de cette comptabilité astronomique –, nous ont valu le fameux récit de la Genèse où le monde a été créé en sept jours – d'où notre semaine de sept jours, chacun évoquant le nom de l'astre qui lui est dédié : lundi pour la Lune, mardi pour Mars, etc. Le calendrier révolutionnaire se révéla plus chiche en temps de repos, puisqu'il introduisit une semaine de dix jours : la décade. Au fond, il avait anticipé la découverte des nouvelles planètes du système solaire : Uranus en 1781, Neptune en 1846, Pluton en 1930, soit, au total, huit planètes et deux luminaires – dix jours, donc ! Il est vrai qu'entre-temps Pluton a connu un déboire, puisqu'en août 2006 l'Union astronomique internationale a déclassé cet astre pour l'installer dans la catégorie plus modeste des planètes naines. Du coup, le système solaire ne comporte plus que huit planètes, Terre comprise, tandis que la catégorie des « naines » ne cesse d'enfler depuis qu'a été découverte, au-delà de l'orbite de Pluton, la ceinture de Kuiper, riche en astres de taille modeste et glacés orbitant aux confins du système solaire.

Ces planètes naines sont de petite taille, la plupart ne dépassant guère un diamètre de 100 km, bien que l'on ait découvert dans ce cortège un corps de glace et de roche légèrement plus gros que Pluton, Xena, orbitant autour du Soleil en 560 ans. Mais l'astre le plus étrange de la ceinture de Kuiper est sans doute Sedna, légèrement plus petite que Pluton, baptisée du nom de la déesse inuit des océans glacés.
S'identifier pour envoyer des commentaires.

Autres contributions de...

Plus d'informations sur Jean-Marie Pelt
Plus d'informations sur Franck Steffan
Plus d'informations sur Denis Cheissoux